FRANCE 3 RHONE ALPES - JT 12/13 - INTERVENTION DE PIERRE EMMANUEL GERMAIN THILL A PARTIR DE 5MN30

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FILM GRACE A DIEU / DISCUSSION DEBAT AVEC PIERRE-EMMANUEL GERMAIN-THILL

 

Ste Foy les Lyon le 22-03 séance de 20h30

Vaugneray les 24 et 26/03 séances de 20h30

St Martin en Haut le 5/04, séance de 20h30


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DEMANDE DE LEVEE D'IMMUNITE FONCTIONNELLE LE 20 MARS 2019
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OUEST FRANCE - LEGAL MAIS PAS JUSTE - ETATS D'AMES - FRANCOIS VERCELLETO

En refusant la démission de Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, le pape s'appuie sur une décision qui relève du droit - le cardinal ayant fait appel est présumé innocent, mais François prend le risque de paraître injuste... et de troubler les esprits.

 

Étonnement, incompréhension, trouble, colère... La décision surprise du pape François - refuser la démission de Philippe Barbarin - rencontre peu d'échos favorables. Doux euphémisme.

Elle peut cependant se justifier si l'on s'en tient strictement au domaine du droit. Mais le pape n'était pas attendu sur ce seul plan. C'est bien le problème. Et les conséquences sont à bien des égards désastreuses pour une Église déjà très affaiblie par des révélations en série.

Présumé innocent

Mgr Barbarin a fait appel de sa condamnation à six mois de prison avec sursis, pour "non dénonciation de mauvais traitements, privations ou atteintes sexuelles infligées à un mineur de 15 ans commise depuis juillet 2014 et jusqu'au 5 juin 2015 à Lyon".

Copie du jugement en cliquant ici

Ayant fait appel, l'archevêque de Lyon est à nouveau présumé innocent. Et le pape semble attendre le procès en appel avant de prendre une décision "définitive".
Il est permis, en effet, de considérer sa suggestion au cardinal Barbarin de se "mettre en retrait" de son diocèse de Lyon comme une "solution transitoire".

Ne pas se précipiter

Il peut être également porté au crédit du pape de prendre son temps - denrée rare de nos jours - et de ne pas céder à la pression médiatique. S'agissant de décider du sort d'un homme dont il est réputé proche, le choix de François peut paraître respectable.

Un vaticaniste averti explique en outre qu'il n'est pas correct de déclarer publiquement l'objet d'un entretien privé avec le pape, avant sa tenue. Autrement dit, Philippe Barbarin aurait commis une erreur en dévoilant prématurément l'objet de son rendez-vous avec François, le 18 mars.

Mais où est la justice ?

Cela étant dit, la position du pape n'a pas été comprise. Pire, elle apparaît comme profondément injuste et décrédibilise un peu plus une institution dans la tourmente.

Pourquoi lier sa décision à ce qui relève du judiciaire ? On a connu l'Église plus "indépendante" et plus encline à appliquer le droit canon qu'à accepter les lois de la République.

C'est d'autant plus surprenant que le cardinal Barbarin assure que sa volonté de démissionner était prise avant de connaître le jugement. Que ne l'a-t-il pas dit alors plus tôt ?

On peut cependant donner acte à l'archevêque de Lyon d'avoir présenté sa démission - même tardivement - dans l'intérêt de son diocèse.

Refuser la démission d'un homme qui, à juste titre, ne se sent plus en capacité de diriger un diocèse aussi important, n'est-ce pas contraire à la fois à l'intérêt des fidèles et à l'intérêt même de son ami Philippe Barbarin ?

Le pape imagine-t-il qu'il reprenne sa tâche, comme si rien ne s'était passé, s'il bénéficie d'un acquittement en appel ? Lui proposera-t-il à la place un poste honorifique à la Curie ?

L'institution préférée aux victimes

Plus grave encore, refuser la démission de Mgr Barbarin revient à privilégier l'institution au détriment de la justice à rendre aux victimes d'abus et de crimes sexuels.

Où est la compassion ? Où est l'attention à porter prioritairement aux petits ? Où est l'Évangile ?

Cela vient aussi ruiner les efforts affichés par l'Église pour lutter contre ces maux qui la gangrènent.

Perseverare diabolicum

Ce n'est malheureusement pas la première erreur du pape sur cette question des crimes pédophiles. On se souvient de son mea culpa dans les affaires d'abus sexuels commis par le clergé chilien.

A François qui voit "la main de Satan" à l'œuvre dans les dérives du clergé, il est tentant de rappeler la locution : Errare humanum est... perseverare diabolicum.

 

Prolongement

Pour prolonger utilement la réflexion, voici la réaction du père Pierre Vignon :

Sage... en apparence

"Le pape François vient de prendre une décision en apparence sage puisqu’elle invoque la présomption d’innocence et le cardinal Barbarin se met enfin en retrait de son diocèse vu l’impasse dans laquelle il se trouve de fait.

On peut cependant se poser des questions. Le pape n’a toujours écouté que le seul cardinal Barbarin, et lu la seule note en trois points et en espagnol de ses avocats, refusant plusieurs fois de recevoir les dizaines de victimes de Bernard Preynat malgré leurs demandes. Pourquoi ?

Et la souffrance des victimes ?

Il faut être aveugle pour ne pas voir derrière cette affaire la coûteuse opération de communication. L’argument principal des officines qui travaillent pour lui, et que relayent les catolles lyonnaises, est qu’il est un bouc émissaire qui paye pour les autres. C’est faire trop bon marché de la souffrance des victimes. Il vaut mieux regarder les agneaux que leur berger avait le devoir de protéger.

On dit que l’argument des victimes « je souffre donc j’ai raison » n’est pas valable, mais on ne se rend pas compte qu’il n’est pas mis dans son sens logique qui est : >
« Je souffre donc c’est toi qui n’as pas raison. »

Trois questions
Trois questions fondamentales se posent : qui paye la com du cardinal ? Où est Bernard Preynat et qui le planque ? Comment se fait-il qu’il soit encore prêtre ?

Le cardinal Philippe Barbarin connaît Bernard Preynat depuis longtemps puisque c’est lui qui a prêché à Paray-le-Monial, à la fin août 1991, la retraite spirituelle que le cardinal Decourtray lui avait demandé de suivre après sa mise momentanée à l’écart.

Quand le pape François essaye d’éteindre dans un coin de l’Eglise l’incendie qui suit les révélations des scandales des ecclésiastiques et de ceux qui les couvrent, cela se rallume aussitôt dans un autre.

La réforme de l’Eglise demande la sanction des abus, sans parler de l’indemnisation des victimes, mais aussi la punition de ceux qui les ont couverts. La respectabilité des évêques est ruinée : qui peut certifier que son évêque ne s’est pas compromis à la nonciature avant sa nomination ?

Trois mesures à prendre

Pour retrouver un début de crédibilité, il serait bon de prendre pour commencer trois mesures qui seraient un geste fort de bonne volonté : demander au Saint-Siège la révocation immédiate et sans condition de l’état clérical de Bernard Preynat ; demander au pape de recevoir les dizaines de victimes ; et puisque j’y suis, me réhabiliter dans ma fonction de juge dont j’ai été injustement déchu.

C’est l’honneur des Lyonnais de se lever dans les salles pour applaudir à la fin du film « Grâce à Dieu ». Un cardinal ou un évêque ne sont pas l’Église, le peuple de Dieu si. Que le pape François retrouve le peuple, c’est tout le sens de ma réaction."


Père Pierre Vignon, Saint-Martin-en-Vercors, le 19 mars 2019.


A SAINT ETIENNE VENDREDI 5 AVRIL 2019


19 MARS 2019


19 MARS 2019

Mardi 19 Mars 2019 - MOT DU CARDINAL BARBARIN

Chers frères et sœurs

Hier, lors de notre rencontre au Vatican, j’étais venu remettre ma charge entre les mains du saint Père, mais il n’a pas accepté. Celui qui est en attente du jugement d’appel, m’a-t-il dit, est présumé innocent. Il ne voulait pas donner l’impression de me sanctionner. C’est la même réponse qu’il m’avait faite il y a trois ans lorsque, dans la première tempête médiatique, j’étais venu le rencontrer avec la même intention. Cependant, cette fois-ci, comprenant la souffrance de tout notre diocèse depuis longtemps, et conscient du trouble profond de toute l’Eglise de France, il est d’accord pour que je me mette en retrait pour quelque temps.

Il n’a pas souhaité prendre lui-même cette décision. Il s’est contenté de me la suggérer et il a tenu que ce soit moi qui décide ce qui me semblerait le mieux pour notre diocèse. C’est en plein accord avec lui que j’ai donc demandé au P. Yves Baumgarten, vicaire général modérateur, de prendre la conduite du diocèse. Il sera accompagné par ses deux frères vicaires généraux, Mgr Emmanuel Gobilliard et le P. Eric Mouterde, Véronique Bouscayrol, économe diocésaine et Chantal Chaussard, chancelier. Mgr Patrick Le Gal reste aussi disponible pour les services qui doivent être accomplis par un évêque. Le P. Baumgarten continuera de travailler avec les différents conseils : le conseil épiscopal, le conseil presbytéral, le conseil diocésain des affaires économiques et le collège des consulteurs.

Je le remercie chaleureusement et fraternellement d’avoir accepté cette charge et je compte sur vous tous pour l’aider dans sa mission en cette période délicate.

C’est toute l’Eglise qui vit ces temps-ci une grande épreuve, dans le monde entier et la France est loin d’être épargnée. Cependant, nous savons que nous devons toujours être d’abord attentifs aux victimes. A chaque fois que nous les accueillons et que nous les écoutons -j’en ai eu la confirmation lors du procès de janvier au tribunal de grande instance de Lyon- nous découvrons de manière nouvelle la profondeur et la gravité des blessures dont ces hommes souffrent depuis leur enfance.

En vous remerciant d’accueillir cette décision dans la confiance et avec paix, je confie la mission nouvelle du P. Baumgarten et de ses proches collaborateurs à votre prière, et je demande au Seigneur qu’il nous donne d’avancer humblement et « d’un seul cœur » vers la lumière de Pâques.