Communiqué de l’association « La Parole Libérée »

 

 

Certains d’entre nous ont pu lire dans la presse, sur internet ou les réseaux sociaux que des victimes avaient entamé des poursuites pour non dénonciation de crimes à l’encontre de Monsieur Philippe Barbarin.

 

Cette information est erronée.

 

En revanche, des victimes ont déposé une plainte sur le fondement de l'article 434-3 du Code Pénal, à savoir :

« non dénonciation ou non information d'agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans par personne ayant autorité et pour mise en péril »

 

Le Bureau de l’association « La Parole Libérée » souhaite instamment que les termes soient utilisés avec justesse et précision par les commentateurs dans un souci constant de vérité et de transparence.

 

Encore merci à toutes et tous pour votre soutien sans faille.

 

Le Bureau

 

Francois, Bertrand & Alexandre


6 Avril 2016.

 

« La Parole Libérée » se voit dans l'obligation de réagir avec une très vive émotion aux propos de Monseigneur Stanislas Lalanne, prononcés ce mardi 5 avril sur l'antenne de RCF dans l'émission "Le temps de le dire".

 

En effet, à plusieurs reprises, l’évêque de Pontoise, qui est également responsable de la cellule de veille de l’Eglise contre la pédophilie ( !) a notamment refusé d’assimiler la pédophilie à un péché.

 

Florilège...

« Ce que nous disons (....) c’est que la pédophilie est un mal. Est-ce que c'est un péché ? Je ne saurais le dire ».

Puis après qu'une auditrice, très certainement victime, ait elle-même qualifiée ces actes barbares de « péché mortel », il récidive : « Oui c'est un mal profond. Est-ce que c'est un péché ? C'est différent selon les individus. On ne peut généraliser (sic!)».

Enfin, lorsque, au terme de l’émission, on lui demande ce que l'Eglise doit faire face aux prêtres pédophiles, il propose :

- réduction à l'état de laïc ;

- ministère sans contact avec des enfants.

Indispensable, certes, mais non suffisant, puisque cette réponse évacue le traitement judiciaire des faits, de même que la prise en charge des victimes. Comme si mettre un mouchoir sur les actes commis pouvait suffire.

 

Quelques heures plus tard, présent sur le plateau de l’émission d’Yves Calvi « C dans l’air » (France 5), il complétera sa réponse en accentuant longuement sur le fait que les deux mesures préconisées n’empêchaient pas les prêtres pédophiles de le rester et qu’il fallait encore réfléchir quant aux solutions à proposer. De même qu’il affirmera, de façon appuyée, que les victimes, même très longtemps après les faits, devaient pouvoir trouver une oreille attentive auprès de l’Eglise.

Peut-être les communicants engagés à grands frais par le Diocèse de Lyon avaient-ils corrigé la copie de l’évêque ?

Ce qui est certain c’est que ces derniers ne manquent pas de travail tant la communication de l’Eglise de France est empreinte de maladresses et d’amateurisme.

Après le fameux « Grâce à Dieu ! Les faits sont prescrits ! » de Mgr Barbarin, les propos de Mgr Lalanne résonnent à nouveau de manière violente et dégradante pour les victimes d'actes de pédophilie.

 

Que la tolérance zéro prônée par la Pape François semble loin, tout comme les mesures de fermeté décidées par la Conférence des Evêques de France au début des années 2000 !

Qu’il est difficile de percevoir au travers de ces propos la référence morale que l’Eglise se doit d’incarner pour la société !

 

A toutes les victimes nous assurons notre profonde compassion et promettons d'être les ambassadeurs de leurs silences.

 

"La Parole Libérée"