Lettre au très Saint Père


Lyon, le 12.02.2016

 

Très Saint Père,

 

Nous sommes les fondateurs et représentants d'une association d'Aide aux Victimes (La Parole Libérée) d'un prêtre pédophile récemment mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et ayant sévi dans un Groupe de Scouts entre 1970 et 1991 en France, dans la banlieue de Lyon, dans le diocèse du Rhône dirigé actuellement par le Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque et Primat des Gaules, et pour lequel un de nos membres vous a déjà écrit en 2015 à deux reprises.

 

Nous nous en remettons à votre bienveillance et à votre écoute, après avoir découvert dans la presse qu'un texte émanant du Vatican et paru le 11/02/16 écrit par Monseigneur Tony Anatrella, consultant pour le Conseil pontifical pour la famille, remettait complètement en question vos propos sur votre priorité absolue à traiter avec la plus grande fermeté le lourd problème de la pédophilie au sein de notre Eglise. Il y est en effet écrit, entre autre, "qu'il n'incombe pas forcément à un évêque de signaler les suspects aux autorités, à la police ou à un procureur s'ils sont informés d'un crime ou d'un acte immoral".

 

Or vous aviez, très Saint Père, appelé vous même à "une tolérance zéro" en la matière, en précisant sans ambiguïté que "tout doit être fait pour débarrasser l'Eglise du fléau des abus sexuels". De même, la congrégation pour la Doctrine de la Foi, (en accord d'ailleurs avec la Conférence des Évêques de France) à écrit que "l'on suivra toujours les prescriptions des lois civiles en ce qui concerne le fait de déferrer les crimes aux autorités compétentes, sans porter atteinte au for interne sacramantel" Vous aviez également dit face à des victimes d'actes de pédophilie perpétrés par des religieux et rencontrés aux Etats-Unis en septembre 2015 que "Dieu pleure pour ceux qui ont été agressés. Ceux qui ont souffert sont devenus de vrais héros de la miséricorde" et que "les responsables répondront de leurs actes".

En cette année de la Miséricorde, il apparait justement que ces victimes, ces enfants, nécessitent la plus grande protection vis à vis des prédateurs dont les crimes sont condamnés fermement par la Justice civile et canonique. Comment ne pas s'inquieter de constater que vos recommandations fortes et claires soient mises en contradiction  totale par ces écrits qui laissent la porte ouverte au culte de la dissimulation complice et coupable de faits criminels ?

 

Vous êtes l'Autorité morale supreme vers laquelle tant de fidèles se tournent et nous vous prions donc instamment d'intervenir.

 

Que votre Sainteté soit assurée de notre plus profond respect.

 

François Devaux

Bertrand Virieux

Alexandre Hezez