Père Georges Favre


Lors de la grande réunion du 25 avril, le père Georges Favre a tenu des propos choquants en faisant de l'humour déplacé au sujet de la pédophilie

(S'adressant à un groupe de journalistes, devant caméras et micros ) : "Ma position ? Je n’ai pas violé beaucoup d’enfants, je suis assez clean à ce sujet-là. Heureusement, parce que vous auriez pu en faire partie, comme vous êtes très jeunes les uns et autres"

De nombreuses réactions de personnes outrées nous sont également parvenues. Notamment celle de Pascal, chrétien et victime, qui a interpellé le prêtre par mail et nous a transmis l'échange de courrier :

 

Courrier de Pascal à Georges Favre :

Monsieur,
Comment vous dire ma stupéfaction, mon dégoût et mon écœurement à la lecture et à l'écoute de vos propos narquois et tendancieux.
Vous vous dites prêtre, mais vous avez osé nous salir une nouvelle fois, malgré ce que nous avons vécu, supporté et enduré de la part d'un des vôtres.
Vous faites honte à certains de vos confrères qui vivent cela très mal.
Et nous en connaissons qui par votre comportement infantile subissent une triple peine :
- celle d'avoir été victime et qui plus est d'un prêtre
- celle de souffrir au sein de votre institution totalement embourbée dans son omerta et ses dérapages à répétition
- et à présent celle d'entendre des "confrères" leur cracher au visage en se riant d'eux (cela ne vous rappelle rien : vous qui avez fêté tout récemment Pâques et la passion du Christ ?!).
Mais de quel côté êtes-vous ? Comment lisez-vous La Parole de Dieu ? Nous ne devons pas avoir la même Bible ?
À 68 ans, j'ai encore pleuré en découvrant vos propos. Et je ne suis pas une mauviette et loin d'être parfait.
Sachez monsieur, que lorsque j'ai tenté à 49 ans, enfin et sur la pointe des pieds, d'expliquer à ma mère ce que j'avais vécu et enduré de la part d'un de vos collègues, lorsque j'étais au petit séminaire, celle-ci âgée alors de 74 ans m'a répondu vertement : "ON NE DIT PAS DE MAL D'UN PRÊTRE !".
De victime je suis devenu LE COUPABLE.  Anéanti à jamais !
Alors s'il vous plaît, monsieur, un peu de retenue et de compassion. Et nous ne voulons surtout pas de votre pitié.
De tout cœur, permettez-moi de vous conseiller de vous retirer dans un lieu de retraite afin de faire une longue récollection salvatrice.
Bonne chance à vous.
Meilleures salutations.
Pascal

 

Réponse de Georges Favre à Pascal :

 

Bien reçu
Père Georges Favre

 

 

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Une autre personne nous a confié avoir adressé un mot à Georges Favre, un seul mot :

"Lamentable ! "

La réponse du père Favre se limite, elle, à deux mots :

"Dont acte"

 

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Enfin le 9 mai, réception d'une lettre étrange datée du 29 avril.

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Conclusion : Toujours aucun message d'excuse ou de regret pour les propos tenus, tout juste timidement qualifiés de maladroits et déplacés. Nous notons que le père Favre, en disant "Je n'ai pas violé beaucoup d'enfants" voulait dire que "les journalistes sont souvent tentés par les affaires croustillantes au risque de passer à coté du fond du débat" (???) Nous notons aussi que les instances diocésaines lui ont demandé de ne plus dire un mot à ce propos, ceci après une injonction publique du cardinal Barbarin de présenter des excuses (???) Les voies du seigneur sont impénétrables, nous devrons nous en contenter.
Espérons qu'une prochaine fois l'humilité qui lui a manqué résistera au rêve de gloire et à l'envie folle de passer à la télé.


Père Jean Lacombe


Lors de la grande réunion du 11 avril, le père Jean Lacombe de Vénissieux a tenu des propos choquants et insultants à l'égard des victimes :
"À l’époque, ils disaient être les chouchous du père Preynat, ils en étaient fiers. Alors est-ce que ces gamins étaient très normaux ? C'est une question que je me pose. Être fier quand on se fait peloter, ça me paraît curieux".

De nombreuses réactions de personnes scandalisées nous sont parvenues. Pascal, chrétien et victime d'un prêtre, qui avait interpellé le père Lacombe le jour même nous a transmis la réponse dans laquelle le prêtre ne veut pas reconnaître ses propos et se lance dans un hors sujet qui laisse Pascal dubitatif :

 

Réponse de Jean Lacombe à Pascal :

Monsieur,
Merci pour votre message, et votre franchise.
Je suis vraiment surpris que l’on puisse m’accuser d’être indifférent à la souffrance des victimes d’un prêtre pervers. Je ne sais pas où on peut trouver cette attitude de ma part. Depuis 60 ans, je suis très présent à ceux qui souffrent physiquement ou moralement :  Association humanitaire, laissés-pour-compte, etc… Et cela, tout le monde le sait.
Je n’ai jamais dit que la victime devienne le coupable.
« Un peu de retenue et de compassion ». Oui, je le reconnais.  Mais qu’on ne m’accuse pas de ce que je n’ai pas fait, Le respect doit être réciproque.
Je reste à votre disposition pour d’autres propos, éventuellement.
Cordialement.
 Jean Lacombe

 

Réponse de Pascal à Jean Lacombe :

Monsieur,
Votre réponse est indigne.
Dans un premier temps vous voulez minimiser vos propos mais, soyons clairs, en traitant les victimes "d'enfants anormaux" vous n'étiez pas seulement "indifférent à leur souffrance" mais vous étiez insultant, blessant et ignominieux. Tous ceux qui vous ont entendu sont scandalisés, notamment vos collègues prêtres et votre cardinal.
D'après vos propos j'en conclus donc que vos frères prêtres blessés au plus profond de leur chair et de leur cœur par d'autres prêtres-prédateurs sont des enfants anormaux !!! Oui vraiment quelle ignominie.
Dans un deuxième temps vous essayez de noyer le poisson avec un hors sujet incompréhensible : vos engagements n'ont rien à voir avec tout cela, les victimes que vous avez insultées ont également chacune des engagements dont elles ne font pas état.
En tant qu'expert du bien et du mal, pensez-vous vraiment que guérir un jour vous donne le droit de blesser le lendemain ? Par vos propos vous ajoutez encore de l'ignominie à la pédophilie et en tant que prêtre vous discréditez un peu plus l'église dans un moment où elle n'a pas besoin de cela.
Vos propos ne blessent donc pas uniquement les victimes mais bien au-delà, ils blessent les familles, l'église et l'humanité.
Puisqu'il ne vous vient pas à l'esprit de vous excuser comme vous le demande votre cardinal, d'assumer et de regretter publiquement vos propos honteux, nous vous laissons seul avec votre conscience.
Meilleures salutations.

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Le 26 avril, suite à l'injonction de Mgr Barbarin de présenter des excuses, l'association reçoit un courrier consternant du père Lacombe. Il se défend en déclarant que ses propos ont été tronqués et mélangés avec une autre interview alors que la vidéo qui prouve le contraire est en ligne ! Il dit aussi que certains disent qu'il est l'idole du cardinal (???). Il s'excuse pour la longueur de son courrier mais... aucune excuse envers les victimes ! et aucune reconnaissance de la gravité de ses propos. Un hors sujet consternant !

Le 29 avril, une lettre de regret et de pardon nous parvient enfin. Nous la recevons avec soulagement et gratitude. Dommage qu'il en profite pour faire une nouvelle tentative de minimisation de ses propos en citant sa phrase "fier d'être le chouchou du père Preynat" que personne ne lui reproche et en occultant la phrase d'insulte incriminée qui est bien celle-ci : "Alors est-ce que ces gamins étaient très normaux ? C'est une question que je me pose. Être fier quand on se fait peloter, ça me paraît curieux".

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Une autre personne choquée lui a envoyé ce court message :
"Lamentable ! Dieu devra être très miséricordieux pour vous pardonner cela."


Sa réponse : Une vraie lettre privée d'excuse le 30 avril ! La lettre unique que nous aurions aimé recevoir.

"Monsieur,
Je regrette sincèrement mes propos maladroits, malvenus et inadmissibles, qui ont suscité amertume, colère et indignation, amplement justifiées.
Je demande humblement pardon à tous ceux que j’ai pu peiner et blesser.
Tous, nous pouvons et devons tout mettre en œuvre pour mieux comprendre la souffrance aiguë des victimes, et prévenir et lutter contre le fléau de la pédophilie.
Respectueusement.
Jean Lacombe"

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Du positif : Le 7 mai 2016 le père Lacombe passe au journal de 20 h sur TF1, on l'entend prononcer cette phrase choquante, une victime déclare s'être décidée à parler et à porter plainte contre un prêtre pédophile après avoir entendu ses propos qui l'ont révoltée.

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Conclusion : Après avoir insulté les victimes, incriminé les parents (qui ne sont que des victimes également), après avoir tenté de nier des propos heureusement filmés et de minimiser leur gravité, le père Lacombe a finalement adressé une lettre que l'on peut qualifier "d'excuses". Il est regrettable qu'il "oublie" une fois de plus la nature des propos qui ont choqué, déforme la triste vérité et cherche systématiquement à justifier l'injustifiable, cela laisse penser que ces regrets faits sous injonction de son cardinal manquent de sincérité.
Espérons qu'une prochaine fois l'humilité qui lui a manqué résistera au rêve de gloire et à l'envie folle de passer à la télé.


7 mai 2016

Une victime de prêtre pédophile : "C'est un prédateur. Il a construit l'environnement"
Olivier était enfant lorsqu’un prêtre a abusé de lui, les propos révoltants du père Lacombe de Villeurbanne lui ont donné la force de parler. Agressé pour la première fois à 12 ans, il évoque un "enfermement psychologique" dont il a mis des années à sortir.