Les vertus trahies de la promesse scoute      


Il nous a semblé intéressant de rappeler les principales vertus du scoutisme en apportant un bref éclairage sur les messages véhiculés par le Salut, la Loi et la Promesse Scouts dans le contexte du Groupe Saint Luc.

Pour les enfants, les adolescents que nous étions, ces grands principes étaient des piliers que nous nous efforcions de respecter.

Aujourd’hui, les années ont passé.

Elles nous ont façonnés chacun de manière différente.

Pour la majorité d’entre-nous le temps du scoutisme est révolu.

Certains sont restés croyants, parfois même pratiquants, d’autres sont athées, libres penseurs ou encore prie Dieu en désespoir de cause.

Pourtant je pense que tous nous nous souvenons des camps, des veillées, des chants mais aussi et surtout de ces instants poignants qui ont accompagnés la cérémonie de la Promesse où nous nous sommes engagés à vivre selon la Loi Scoute.

Même si nous ne pouvons pas prétendre à la perfection que cela suppose, nous voulons croire « qu’il en reste quelque chose » dans notre attitude au quotidien ou lorsque les circonstances créent un contexte favorable à l’application de ses nobles principes.

Sans doute – et l’ironie du sort n’est jamais très loin – que notre détermination d’aujourd’hui trouve pour partie ses ressorts dans les vertus du scoutisme et les engagements de la Promesse scoute.

Chacun sera libre d’interpréter les faits reprochés au père Preynat - et dans le cas d’une victime, faits avoués par l’intéressé – à l’idéal du scoutisme que prônait celui-ci en tant que chef du Groupe Saint Luc et qui se trouve résumé ici.

De même, nous semble-t-il intéressant d’évoquer le contenu du dernier message transmis aux scouts du monde entier par le fondateur du scoutisme, Lord Baden Powell et de le confronter à ce que le père Preynat laisse en nous d’amertume par rapport « à nos années scoutes »…

 

 

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 1.    Le Salut Scout

 

Le salut scout est une tradition internationale, encore utilisée de nos jours, que l’on retrouve quelle que soit la tradition, laïque ou religieuse support au mouvement scout considéré.

Voici ce qu’en disait « l’inventeur » du scoutisme, Lord Baden-Powell :

 

« Un salut n'est qu'un signe entre hommes de qualité. C'est un privilège de pouvoir saluer un autre homme. Jadis, les hommes libres portaient des armes et, quand ils se rencontraient, chacun levait sa main droite pour faire voir qu'elle ne tenait pas d'armes et qu'ils se rencontraient en amis. De même quand un homme armé rencontrait une dame ou une personne sans défense. Les esclaves et les serfs n'avaient pas le droit de porter des armes; ils passaient devant les hommes libres sans faire aucun signe. Aujourd'hui on n'est plus armé, mais ceux qui auraient eu jadis le droit de l'être, c'est-à-dire tous ceux qui vivent de leur avoir ou gagnent leur vie, continuent de saluer comme on le faisait jadis en portant la main à leur couvre-chef ou en l'ôtant. Saluer, c'est montrer qu'on est un homme courtois et qu'on ne veut pas de mal à autrui. Il n'y a là rien de servile. »

 

Donc, entre scouts, on se serre la main gauche et on se salue de la main droite. En plus des raisons invoquées par BP, il est de tradition d’expliquer que la main gauche est d'abord celle du cœur.

Pour faire au plus simple, deux types de saluts existent, celui des scouts et celui des louveteaux (8 à 11 ans). Chacun d’eux pouvant être décliné en trois variantes selon les circonstances : le demi-salut, le salut au chapeau ou le salut au bâton (voir photos).

Traditionnellement, le salut scout se fait avec trois doigts levés (index, majeur et annulaire) et avec le pouce sur le petit doigt.

Le pouce replié sur le petit doigt rappelle l'engagement chevaleresque : le fort protège le faible.

Les trois doigts rappellent les trois engagements de la promesse :

1.  Être loyal (envers le roi, le pays, Dieu, l'Église...)

2. Servir son prochain

3. Observer la Loi Scoute (voir 2. La Loi Scoute)

 

Qui plus est, dans les groupes de scouts catholiques (dans le respect des textes du père Sevin), comme le GSL, le salut scout rappelle également les trois principales vertus scoutes :

       1. Franchise

       2. Dévouement

       3. Pureté

 

Le salut louveteau se fait également de la main droite, en écartant l'index et le majeur en forme de « V ». L'annulaire et l'auriculaire sont repliés, et le pouce vient se positionner sur l'annulaire.

De la même manière, le pouce replié sur les autres doigts symbolise le fort protégeant le faible ou la louve protégeant ses petits.

Les deux doigts dressés symbolisent les oreilles du loup aux aguets et font référence aux deux articles de la loi de la meute :

Le louveteau fait toujours de son mieux

Le louveteau fait jour un plaisir à quelqu'un (La Bonne Action quotidienne)

Chez les louveteaux français (et donc au GSL), ont fait aussi référence aux deux lois :

Le louveteau ne s'écoute pas soi-même

Le louveteau écoute le vieux loup (le chef de groupe...).

 

2.    La Loi Scoute

La Loi Scoute est la règle que chaque jeune adhérent à un groupe scout s'engage à respecter.

Elle fait partie, comme la Promesse (voir 3. La Promesse Scoute), la vie de patrouille et les activité de plein air, des principes édictés par Lord Baden-Powell.

Au GSL, le texte de la Loi Scoute qui avait été retenu était celui écrit par François Lebouteux, responsable national aux Scouts de France de 1956 à 1964 et fondateur de la branche des "pionniers".

 

"1.      Je mets son honneur à mériter confiance

 2.      Je suis loyal dans toute ma vie

 3.      Je partage avec tous

 4.      Je suis fait pour servir et sauver mon prochain

 5.      Je suis accueillant et combat l'injustice

 6.      Je protège la vie, parce qu’elle vient de Dieu

 7.      Je sais obéir et ne fait rien à moitié

 8.      J’ai du cran et je souris dans les difficultés

 9.      Je respecte autrui

 10.  Je suis pur et rayonne la pureté"

 

 

3.                La Promesse Scoute

La Promesse est un instrument incontournable et inaltérable de la pédagogie scoute.

Elle s'exprime par un engagement volontaire et prononcé devant ses frères qui donne lieu à une cérémonie particulièrement solennelle.

Par cet engagement, le scout choisit librement un chemin, une piste pour réussir sa vie.

Il choisit également une façon de vivre selon un idéal, un style, un esprit.

C'est à lui de faire transparaître cet engagement dans tous les actes de sa vie.

Par la Promesse, le scout s'engage à servir.

Cet engagement est pris sur son honneur personnel, mais engage également la communauté scoute à supporter ce nouveau venu qu'elle accueille.

Comme indiqué plus avant (1. Le Salut Scout), la Promesse Scoute est en fait un triple engagement puisque le scout s'engage à Être Loyal, à Aider autrui et à Observer la Loi Scoute.

Cet engagement étant complété les troupes de scouts catholiques comme le GSL, par celui de respecter les trois principales vertus scoutes (voir plus haut)

Au sein du Groupe Saint Luc la cérémonie se déroulait lors de grands rassemblements qui comprenaient l’ensemble de la troupe.

Les scouts étaient accompagnés de leur famille pour qui ce moment revêtait également un caractère très particulièrement. La cérémonie de la Promesse marquait une étape importante au sein du groupe.

Elle reposait sur un dialogue entre le chef de groupe (le père Preynat) et les « aspirants » à la Promesse Scoute.

Ainsi, au début de la cérémonie, le scout répondait qu’il promettait de vivre selon l’idéal de la Loi Scoute « Pour apprendre à servir Dieu et son prochain ».

Il précisait qu’il n’en attendait aucun avantage matériel et qu’il s’engageait à respecter les trois principales vertus du scout ainsi que sa première obligation : la Bonne Action quotidienne.

Puis il récitait la Loi Scout et était invité pour la première fois à saluer le chef de groupe.

La cérémonie s'achevait par le Chant de la Promesse Scoute repris par toute l'assemblée.

Nous ne retiendrons ici que le premier couplet qui résume l'engagement d'un scout ayant choisi de suivre les principe de la Loi Scoute:

"Devant tous je m’engage / Sur mon honneur / Et je te fais hommage / De moi, Seigneur !"

 

 

 

 

 

La Cérémonie de la Promesse Scoute

 

4.                Le dernier message de Lord Baden-Powell

 

Baden-Powell a écrit cette lettre d’adieu à tous les scouts du monde.

Elle devait être publiée après sa mort.

C’est la lettre DU Chef de troupe par excellence, celle que tout chef de groupe scout devrait connaitre et respecter…

 

"Chers éclaireurs,

Si par hasard, vous avez assisté à la représentation de Peter Pan, vous vous souviendrez que le chef des pirates était toujours en train de préparer son dernier discours, car il craignait fort que l’heure de sa mort venue, il n’eût plus le temps de le prononcer. C’est à peu près la situation dans laquelle je me trouve, et bien que je ne sois pas sur le point de mourir, je sais que cela m’arrivera un de ces prochains jours et je désire vous envoyer un mot d’adieu.

Rappelez-vous que c’est le dernier message que vous recevrez de moi ; aussi méditez-le.

J’ai eu une vie très heureuse et je voudrais qu’on puisse en dire autant de chacun de vous.

Je crois que Dieu nous a placés dans ce monde pour y être heureux et pour y jouir de la vie. Ce n’est ni la richesse, ni le succès, ni la satisfaction égoïste de nos appétits qui créent le bonheur. Vous y arriverez tout d’abord en faisant de vous, dès l’enfance, des êtres sains et forts qui pourront plus tard se rendre utiles et jouir ainsi de la vie lorsqu’ils seront des hommes.

L’étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses plutôt que le côté sombre.

Mais le véritable chemin du bonheur est de donner celui-ci aux autres. Essayez de quitter la terre en la laissant un peu meilleure que vous ne l’avez trouvée et quand l’heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n’avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ». Soyez toujours prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre Promesse scoute même quand vous aurez cessé d’être un enfant - et que Dieu vous aide à y parvenir !

Votre ami,

 

Robert Baden-Powell"