L'Association "L'Enfant Bleu"


 

 

Par la voix de M. Jean-Michel ABOU, l'association "L'Enfant Bleu" se joint à notre combat...

Découvrez cette association en vous rendant sur le site www.enfantbleu-lyon.fr


« L’Enfant Bleu va se constituer partie civile dans cette nouvelle affaire de pédophilie. Si l’association dénonce, une fois de plus, les manquements et dysfonctionnements des différents intervenants, elle propose à nouveau des mesures qui permettraient d’éviter, autant que possible, ces drames »

Jean-Michel ABOU - Président

 

Chiffres clés

 

Plus d’1 Français sur 10 (14%) déclarent avoir été victimes de maltraitance de la part d’un adulte au cours de leur enfance (sondage Harris / L’Enfant Bleu, mars 2014).

Chaque jour en France, 2 enfants meurent des suites de maltraitance (Inserm 2010)

 

L’Enfant Bleu rencontre les institutions et travaille au quotidien pour améliorer le système de protection de l’enfance.

 

Voici quelques propositions concrètes :

 

1. L’harmonisation au plan national de toutes les procédures liées à la protection de l’enfance car actuellement chaque département est libre de sa politique en matière de protection de l’enfance.

 

2. L’imprescriptibilité des crimes et délits sexuels envers les enfants afin que les victimes puissent porter plainte même des années plus tard pour protéger d’autres enfants des agresseurs qui on le sait peuvent faire des dizaines de victimes.

 

3. Les gardés à vue ont systématiquement droit à un avocat lors des auditions pour éviter les « dérives » de l’enquêteur. Nous aimerions qu’il en soit de même pour la victime, lors de son dépôt de plainte afin de respecter l’égalité des droits.

 

4. La création d’un Pôle maltraitance des enfants au Tribunal de Grande Instance constitué de procureurs et de juges d’instruction qui seraient formés spécifiquement à cette question et à l’écoute de la maltraitance.

 

5. La transformation obligatoire du sursis en peine de prison en cas de récidive. Il arrive très souvent que des prévenus récidivistes ne voient pas leur premier sursis révoqué lors de la seconde condamnation ce qui veut dire qu'une personne condamnée une première fois et bénéficiant peut être de ce fait d'un sursis, n'aura pas obligatoirement ce sursis transformé en peine de prison ferme lorsqu'il sera condamné une seconde fois. Pourtant la loi existe mais elle n’est toujours pas appliquée.

 

6. Une meilleure formation des professionnels de la protection de l’enfance. Il semble logique que les étudiants qui seront amenés à travailler avec des enfants (professeurs, maîtres, juges, magistrats, médecins, infirmiers, éducateurs, etc…) soient formés à la problématique de la maltraitance. Ce n’est pas le cas actuellement.

 

7. Prévention également systématique pendant la grossesse, dans les cliniques et les hôpitaux, avec soutien ou thérapie pour les futures mères ayant subi des maltraitances étant enfants.

 

8. Des campagnes d’information et de prévention concernant la maltraitance en générale, l’inceste et la pédo-criminalité, obligatoires à l’école, y compris des campagnes audiovisuelles à heure de grande audience

 

9. Avant recrutement, une enquête de moralité et un examen du casier judiciaire des intervenants auprès des enfants : travailleurs sociaux, assistantes maternelles et leur conjoint, enseignants, animateurs de centres de loisirs ou colonies, chauffeurs de bus scolaires, etc…

 

10. Création d’un ministère de l’enfance

 

Nous souhaitons une vraie politique de santé publique pour protéger, accompagner et soigner efficacement toutes les victimes.

 

Pourquoi la plupart des victimes ont-elles du mal à parler?

 

Le dévoilement d’un abus pour une victime est toujours un moment très difficile. Que la maltraitance soit sexuelle, physique ou psychologique, la personne a honte et se sent coupable.

 

De plus, si elle n’est pas crue, elle quitte souvent un enfer pour retrouver un autre enfer.

 

Enfant, la victime ne parle pas :

Ø  A cause de l’âge qu’elle a au moment de l’agression. En effet, si les agresseurs choisissent souvent des victimes en bas âge, ce n’est pas par hasard mais parce qu’il y a peu de risque que l’enfant parle.

§  Un enfant de 2-3 ans n’a pas la notion de ce qui est normal ou anormal : l’interdit n’est pas encore mis en place. L’enfant pense que si ça lui arrive, c’est que sa mère est au courant, que ce n’est pas un secret.

§  Un enfant de 3-6 ans a intégré les notions citées plus haut, mais son discours n’est pas toujours cohérent. La référence au temps est souvent aléatoire. Ainsi pour le corps judiciaire, l’enfant de cet âge est peu crédible, d’autant que son monde imaginaire est très fertile .

§  Entre 6 et 12 ans, la parole de l’enfant est plus crédible. Son discours est structuré, cohérent, la référence au temps est acquise et le monde imaginaire distinct de celui de la réalité.

 

Mais, les raisons qui poussent l’enfant à se taire, hormis la question d’âge, sont surtout :

Ø  la peur de ne pas être cru

Ø  la honte relative à l’acte subi

Ø  l’emprise psychologique du maltraitant sur l’enfant qui est tellement forte que l’enfant va garder le « secret ». Les abuseurs le savent bien et cela fait partie de l’abus : « c’est notre secret…c’est parce que je te préfère…si tu parles de ce qu’on fait ensemble, j’irai en prison et ce sera de TA faute »

 

D’autre part, quand on est un enfant, l'expérience prouve qu'il est difficile voire impossible de se défendre. D’autant plus que les actes se font sans violence, avec manipulation en faisant croire à l’enfant que c’est normal. L’enfant est ainsi « abusé ».

 

Et si l’enfant « ose » parler de son agression, il ne sera malheureusement pas toujours entendu et surtout rarement reconnu en tant que victime.

 

Les violences sexuelles font partie des pires traumas.

 

Faute de dépistage systématique, de protection et de soins appropriés dispensés par des professionnels formés, ces violences auront de lourdes conséquences sur la vie et la santé des victimes, enfants puis adultes.

 

Enfants :

Ø  Troubles du développement :

Un retard du développement psychomoteur et un retard psychoaffectif, ce qui induit un retard intellectuel dû, bien sûr, à des difficultés d’apprentissages

 

Ø  Troubles du comportement :

Un retrait du monde extérieur, une attitude d’isolement, une apathie, un mutisme, une inhibition générale. On peut penser à une dépression devant l’état de tristesse et d’anxiété de l’enfant.

 

Ø  Troubles de la relation :

L’enfant présente un manque de confiance en soi et surtout en l’adulte quel qu’il soit. Certains enfants ont une demande affective anormale envers l’adulte qui fait penser à de la séduction, d’autres au contraire, fuient la relation duelle.

D’autres encore vont être provocateurs et agressifs avec l’adulte

 

Ø  Troubles somatiques :

A ces manifestations s’ajoutent des troubles des éléments de base, de la constitution de la personnalité :

§  des troubles du sommeil : l’enfant fait des cauchemars récurrents, des terreurs nocturnes, des insomnies

§  des troubles de l’alimentation : que ce soit par l’anorexie ou la boulimie, l’enfant nous indique son mal-être, qui peut nous orienter vers un état de maltraitance

§  une fatigue inexpliquée, des malaises répétés, l’énurésie, ou l’encoprésie peuvent aussi être des signes signifiants de maltraitance

 

Ø  Troubles identitaires spécifiques de la maltraitance sexuelle

§  la masturbation en public, l’auto pénétration anale et vaginale

§  l’automutilation : les enfants se frappent, se coupent, se brûlent

§  les agressions sexuelles sur d’autres enfants

 

Adultes :

Ø  Importants troubles psycho-traumatiques : les adultes ayant été maltraités dans l’enfance souffrent la plupart du temps d’une mauvaise « image de soi ». Ils restent persuadés qu’ils étaient de « mauvais enfants », et de ce fait sont devenus « de mauvais adultes ».

Ils vivent une impossibilité de s’insérer dans un groupe social, professionnel ou de loisirs, à cause de cette mauvaise image d’eux-mêmes. Ils décrivent aussi, qu’ils ont l’impression que leur passé douloureux se devine, sans même qu’ils en parlent, et produit ainsi un nouveau rejet.

Ils sont envahis par la sensation, que tout leur échappe, qu’ils n’arrivent pas à maitriser ce qui se passe dans leur vie. Ce sentiment entraine une incapacité à agir, à réaliser des projets.

Dépression, troubles anxieux, phobiques et obsessionnels, troubles du sommeil, troubles du comportement alimentaire, peuvent également être présents.

L’idée de fonder une famille leur fait peur, à cause du risque de reproduire sur leurs propres enfants, ce qu’ils ont vécu.

Sur le plan de la sexualité, on constate souvent de graves difficultés relationnelles avec le partenaire empêchant toute sexualité sereine. Ainsi, on trouve soit une absence de sexualité, de désir, ou au contraire, de nombreux partenaires qui les laissent dans l’insatisfaction

Ils s’engouffrent souvent dans la délinquance, comme s’ils recherchaient une « famille » agrandie, plus forte et capable de mieux les protéger.

L’addiction à la drogue, leur propose un monde qui leur permet d’échapper à une réalité trop difficile à aborder.

Ils tombent, parfois dans la prostitution, comme si c’était la seule sexualité qu’ils méritaient.

 

Ø  Risques pour la santé physique : diverses maladies liées au stress avec une augmentation très importante de demande de soins, de consommation d’antidépresseurs, d’examens médicaux et d’interventions chirurgicales.

 

Nous voyons ainsi combien les violences sur enfants ont de graves répercussions immédiates et à plus long terme sur la santé et sur le développement psychologique et social des victimes. Coûts directs et indirects, on peut, si on a le courage de regarder la réalité en face, chiffrer en millions d’euros le prix du déni.

 

Mieux protéger les enfants maltraités, c’est possible si on s’en donne les moyens!

 

 

« L’ENFANT BLEU - enfance maltraitée » a pour vocation de prendre en charge les enfants victimes de maltraitance, qu’elle soit physique, sexuelle ou psychologique, ainsi que les adultes ayant été victimes durant leur enfance. L’association propose un accompagnement spécifique et pluridisciplinaire : une aide juridique et un soutien psychologique immédiat et dans la durée. L’association propose également de la prévention dans des établissements scolaires et de la formation auprès des professionnels de l’enfance.

 

enfantbleu@free.fr                           www.enfantbleu-lyon.fr

 

« L’ENFANT BLEU - enfance maltraitée » 18 C rue Songieu - 69100 - Villeurbanne 04 78 68 11 11