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Annonce d'une session de formation sur le thème "Pédophilie : connaître et prévenir ": "Depuis quelques années, des affaires de pédophilie se trouvent sous les feux de l’actualité..."

 

  

La lettre ouverte de M. Pierre Durieux, Chef de Cabinet du Cardinal Barbarin à un prêtre pédophile (23 mars 2010).

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Lettre publiée sur le site "mobile.lemonde.fr" le 23 mars 2010.
Lettre ouverte à un prêtre pédophile - L
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Commençons tout d’abord par l’article publié sur le site lyon.catholique.fr intitulé L’Eglise a changé : elle veut être une « maison sûre ». Un article publié avec une très grande réactivité.

 

 

Nous en retenons trois extraits qui nous semblent caractéristiques de la position adoptée :

 

1. « A ce jour, il est impossible de connaître précisément les éléments dont disposait Mgr Decourtray (décédé en septembre 1994) au moment où il a décidé de suspendre la mission de ce prêtre, avant de lui confier une nouvelle charge pastorale quelques mois plus tard. »

 

La première phrase nous paraît très surprenante.

En effet, l’Archidiocèse de Lyon semble ignorer les éléments qui ont conduit Mgr Decourtray à suspendre – très temporairement – le père Preynat.

 

Pour mémoire, voici les éléments dont disposait Mgr Decourtray:

- un courrier des parents de François Devaux (auquel il a répondu, semblat prendre leur demande très au sérieux - cf. courriers reproduits ci-dessus).

- les échanges qui ont eu lieu entre le père Preynat et le père Faivre, vicaire général, d’une part et le cardinal Decoutray, en personne, d’autre part, tous deux rencontrés par l’accusé, ainsi qu’il le mentionne lui-même dans ses courriers d’aveux envoyés à deux proches de victimes (voir onglet « Les Aveux »)…

 

Quoi qu’il en soit, la nature des démarches entreprises par Mgr Decourtray ne sont toutefois pas précisées. Le père Preynat a-t-il été traduit devant un tribunal ecclésiastique ? L’information a-t-elle été transmise au Vatican ? Ces questions restent posées. Ce qui est sûr c’est que les autorités judiciaires n’ont pas été saisies, mais ce, à la demande même de la victime.

 

Pour autant, on peut légitimement supposer que le prêtre concerné n’a pas été suspendu (environ 6 mois) pour le simple plaisir des plaignants et que les éléments dont disposait Mgr Decourtray ont semblé à ce dernier suffisants pour prononcer cette sanction.

Le père Preynat avait tout de même avoué les faits, rappelons-le, et ce à deux reprises…

 

 

 2. « Le cardinal Barbarin quant à lui a reçu les premiers témoignages au sujet de ce prêtre à l’été 2014 : il a donc demandé que soit conduite une enquête, avant de prendre l’avis de la congrégation pour la doctrine de la foi. C’est à l’issue de cette enquête et de cet avis, et quoique les faits reprochés soient anciens, qu’il a décidé de lui retirer toute forme de ministère au 18 mai 2015. »

 

Ce que suggère ce passage c'est qu'une « sanction » - qui peut sembler bien clémente – a été prise par Mgr Decourtray, Archevêque de Lyon, Primat des Gaules, sans qu’il en existe une mémoire.

Sans qu’une trace ne subsiste dans les archives du Diocèse, sans que l’attitude de ce prêtre ne soit communiquée aux Evêques suivants.

 

Le cardinal Barbarin n’aurait pas eu connaissance de la sanction subie par le père Preynat et n’aurait pas eu connaissance des faits qui lui avaient été reprochés 20 ans plus tôt.

L’Eglise, ne garderait donc pas trace des faits répréhensibles commis par ses bergers.

Il n’existerait pas de « casier judiciaire ecclésiastique ».

 

Pour information: un ancien scout du Groupe Saint Luc – Laurent *, victime d’attouchements répétés du fait du père Preynat - aurait rencontré Mgr Brac de la Perrière - évêque auxiliaire de Mgr Barbarin - le 24 juin 2011.

Il ne s’agit pas d’une faute de frappe : nous ne sommes pas en 2014, contrairement à ce qu’indique l’article publié par lyon.catholique.fr, mais bien en 2011.

D'après Laurent, c'est Mme Maire, à l'époque déléguée par le diocèse pour l’écoute des victimes, qui aurait l'aurait mis en relation avec Mgr Brac de la Perrière.

Et qui dit ce dernier à Laurent ? En substance « tout est sous contrôle, le père Preynat est surveillé… ».

Surveillé ? Mais pourquoi ? Puisque le diocèse n’aurait pas été informé avant août 2014 des actes reprochés à ce prêtre?

 

Ou bien faut-il imaginer que, si le père Preynat était sous surveillance en 2011, c’est peut-être que les faits qui lui avaient été reprochés en 1990/1991 avaient bien été transmis d’évêque en évêque depuis Mgr Decourtray ?

C’est peut-être que, malgré les années écoulées et le fait de lui avoir laissé l’exercice plein et entier de son ministère, un doute planait sur le père Preynat ?

 

Et si l’évêque auxiliaire était informé, peut-on imaginer que son supérieur, lui, ne l’ait pas été ?

 

3. « Il est certain que ce prêtre n’aurait pas connu de nouvelles missions si les faits reprochés en 1990 survenaient aujourd’hui, les indications de la conférence des évêques de France étant parfaitement claires depuis 2003, indications confirmées à plusieurs reprises par Rome depuis lors. »

 

 

Depuis 2003, d'après ce passage, les indications de la conférence des évêques de France sont parfaitement claires.

Donc,si Mgr Barbarin était informé des faits dès 2011, pourquoi n’a-t-il pas appliqué « les indications de la conférence des évêques de France »? Pourquoi n’a-t-il pas appliqué les principes du Motu proprio «Sacramentorum sanctitatis tutela» en vigueur depuis 2001 (voir l’article "Nos (premières) Interrogations", ci-dessus) ?

La question reste également posée.

 

Enfin, le diocèse communique sur la date du 18 mai 2015 comme moment où « toute forme de ministère » a été retirée au père Preynat.

Pourquoi alors tout indique que ce dernier est resté en fonction jusqu’au début du mois de septembre 2015 ? (suivre le lien ci-après pour accéder à un article du 3 septembre 2015 sur le-pays.fr). Encore une fois, le Diocèse de Lyon nous semble très mal informé.

 

Venons-en à présent aux trois interventions de Mme Régine Maire - déléguée par le diocèse pour l’écoute des victimes, rappelons-le - respectivement sur « RCF Radio », « TLM.TV » et « France3 » (suivre les liens ci-dessous pour accéder à l’intégralité des textes).

 

Dans ses explications apportées sur l’antenne de la « Radio Chrétienne Francophone », Mme Maire explique « qu’elle ne sait pas comment ont réagi les deux cardinaux qui ont précédé le cardinal Barbarin mais il n’empêche que les nominations avaient été faites et maintenues pendant ce temps avec, je pense, une vigilance du conseil épiscopal et de l’archidiacre du Roannais et aussi avec un contact direct avec le père Preynat. Et là, je pense qu’il s’agit de « parole contre parole » tant qu’on a pas eu de contact direct avec les victimes et d’accusation directe il n’y avait pas, il me semble, et je parle en mon nom propre là, […] d’évènement qui aurait permis de dire « il faut décharger complètement ce prêtre de sa mission » ».

 

Mme Maire ajoute dans l’interview donnée à Télé Lyon Métropole, qu’à son arrivée à la tête du Diocèse de Lyon, « rien n’a été dit » au Cardinal Barbarin. Elle le sait. C’est ce qu’elle dit. Encore une fois, il semblerait qu’il y ait eu un avant et un après Barbarin. Avant lui, régnait « l’Omerta » selon les propres propos de Mme Maire. Avec lui, serait donc venu le temps de la Parole Libérée... Visiblement, cela vient confirmer l’hypothèse qui transparait dans l’article de lyon.catholique.fr selon laquelle il semblerait que les évêques ne se transmettent pas ce type de dossiers, pourtant reconnus par le Vatican et la conférence des Evêques de France, comme devant bénéficier d’un traitement particulier depuis 2001 et 2003, respectivement.

Les propos de Mme Maire suivant ceux du journaliste, ils laissent entendre, à nouveau, que les faits n’ont été révélés qu’en août 2014 au Cardinal Barbarin. Ce qui aurait conduit ce dernier à écarter le prêtre en mai 2015 (après une enquête si l’on en croit lyon.catholique.fr). Entre les différents médias choisis pour exprimer la position du Diocèse de Lyon, les versions se correspondent parfaitement. Seul bémol, rappelons-le, les propos qu'aurait prononcé l’évêque auxiliaire Brac de la Perrière lors de son entretien avec Laurent, à l’initiative de Mme Maire, en 2011… Il serait intéressant de disposer de l’agenda de l’évêque auxiliaire pour l’année 2011 mais Mgr Brac de la Perrière est devenu Evêque de Nevers le 27 août 2011. La gravité de l’objet de la rencontre nous paraîtrait justifier qu’une trace en soit conservée, mais seuls les archivistes du Diocèse de Lyon seraient en mesure de nous le dire. On peut toutefois douter qu’ils soient en mesure de produire ce type d’élément, dès lors que l’on a l’impression qu’il n’existe plus de trace du courrier des parents de François Devaux

 

Enfin, dans l'interview qui illustre le reportage de France3 - Rhône-Alpes après la mise en examen du père Preynat, Mme Maire semble aller un peu plus loin dans la justification de la sanction initiale prise par Mgr Decourtray. En effet, elle qui connaissait bien le père Decourtray elle explique qu'il était un homme "de vérité et de justice. Et [que] là il a fait, sans doute, ce qui se faisait à partir de Rome: le conseil s'était de déplacer". Mgr Decourtray aurait donc suivi les consignes alors en vigueur au sein de l'Eglise. Dont acte. Mais concernant la prise en charge du dossier par Mgrs Balland et Billé, qui ont succédé à Mgr Decourtray et précédé Mgr Barbarin, rien n'est dit. Pourtant, le père Preynat, aurait indiqué lors de  sa confrontation avec l'une de ses victimes que "tous ses supérieurs étaient au courant: Decourtray, Balland, Billé et Barbarin" (cf. l'article publié par le site Figaro.fr, dont le lien figure ci-dessous). Ce qui viendrait confirmé le fait que ce dernier était bien informé des "travers" du père Bernard Preynat avant 2014, avant même 2011 et la rencontre entre Laurent et Mgr Brac de la Perrière.

 

Que penser de tout ceci ? A la fin de notre précédent article nous posions un certain nombre de questions auxquelles nous espérions des réponses de la part de l’Archidiocèse de Lyon.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ces questions demeurent.

Ainsi, que penser du fait que le père Preynat ait été nommé Doyen en 2013, s’il était surveillé ?

Que penser du fait qu’il ait été maintenu en charge de paroisses et des enseignements d’éveil à la foi s’il était surveillé ?

Que penser du fait que son cas n’ait pas été traduit comme le stipulent les directives de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi depuis 2001, s’il était surveillé ?

Et son corollaire : que penser du fait qu’il n’ait pas été envoyé devant la justice civile s’il était surveillé ?

 

Pour conclure, nous nous permettons de citer in extenso la Déclaration de l'Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France (Lourdes, 4-10 novembre 2000). Ce discours a été prononcé par Mgr Billé, le prédécesseur de Mgr Barbarin. A la lecture d’un tel texte et si le père Preynat était surveillé, nous sommes en droit de nous demander comment il serait possible que Mgr Billé ait omis de traiter sous sa mandature « le cas Preynat » ? Comment il serait possible qu’il n’ait pas transmis ce cas à son successeur ?

Bonne lecture…

 

« Depuis quelques années, des affaires de pédophilie se trouvent sous les feux de l'actualité. La France est atteinte comme d'autres pays et l'Église est atteinte comme d'autres institutions. Elle n'est pas épargnée par une réalité dont elle découvre toute la complexité. L'Assemblée plénière des évêques a pris le temps d'aborder en vérité le difficile problème de la pédophilie.

***

Ces actes de pédophilie, l'Église les condamne absolument. Les actes de pédophilie, actes sexuels marqués par une forte inégalité, sont profondément destructeurs. Ils le sont d'autant plus qu'il s'agit d'enfants qui n'ont pas la maîtrise de leur existence. Que la société ait aujourd'hui pris conscience de cela est un grand progrès social. Lorsque l'agresseur est un prêtre, il y a une double trahison. Non seulement un adulte averti impose à un mineur ses pulsions, mais ses agissements contredisent l'Evangile qu'il annonce. Les évêques mesurent combien la blessure des enfants ou des adolescents est profonde et souvent même indicible. Ils en éprouvent une vraie souffrance ; ils sont solidaires des victimes et de leurs familles.

***

La responsabilité de l'évêque, en ce domaine, est à la fois claire et délicate. Il ne peut ni ne veut rester passif, encore moins couvrir des actes délictueux. Il reste que la pédophilie est un phénomène encore mal connu. Elle se cache. Elle s'avoue rarement. Souvent, il n'est pas facile à un évêque de réunir les éléments suffisants et sûrs lui permettant de savoir si un prêtre a effectivement commis des actes à caractère pédophile. Les prêtres qui se sont rendus coupables d'actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice. Il est nécessaire qu'ils réparent le mal qu'ils ont fait et portent le poids de la peine infligée par l'Eglise et par la société. Comme tout être humain pourtant, le prêtre qui a commis ces actes demeure une personne qui a droit à notre respect, à notre accompagnement, à notre prière. Nous tenons à redire notre volonté de veiller avec soin à ce que de tels actes ne se produisent pas, ne se reproduisent plus.

***

Les actes à caractère pédophile interpellent non seulement la conscience des évêques, mais aussi celle de toutes les familles, des éducateurs, des responsables politiques, des responsables de notre société, des responsables de la communication et de la culture. Avec eux nous voulons collaborer pour prévenir de tels comportements. Avec eux nous voulons collaborer à l'éducation de l'affectivité et de la sexualité des enfants et des jeunes. Dans la ligne du travail de notre Assemblée de Lourdes, nous allons poursuivre notre recherche sur la pédophilie et ses manifestations, sur le soutien à apporter aux victimes et à leurs familles, sur la prévention, sur l'information et la formation des prêtres, sur le mode d'intervention des évêques. Nous le ferons avec la lumière et le courage que nous apporte l'Évangile.

***

Vis-à-vis de notre société comme vis-à-vis de l'Eglise et des prêtres, nous appelons à ne pas laisser s'instaurer un climat de méfiance généralisée et injuste. Les crimes et délits commis par quelques-uns ne doivent pas jeter le discrédit sur tous. Aussi nous exprimons notre confiance aux prêtres de nos diocèses et à nos collaborateurs, comme aux parents et aux éducateurs.

Notre société a besoin de vivre dans la vérité et dans la confiance.

Le 9 novembre 2000 »

 

 

 

(* vous trouverez le témoignage de Laurent (n°7) ainsi qu’un commentaire de sa part (n°24) sur le blog de notre site)